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Angela Merkel envisage une Europe “à deux vitesses” pour éviter l’implosion

07/06/2012

Angela Merkel envisage une Europe “à deux vitesses” pour éviter l’implosion

Crédit : IG BCE/FlickR

Le pitch

Accélérer l’intégration politique pour sortir de la crise européenne, quitte à passer à une union à “géométrie variable” : Angela Merkel affirme haut et fort qu’il faut maintenant avancer. Dans un entretien accordé à la télévision publique ARD, la chancelière a indiqué qu’elle souhaitait travailler à une “union politique”, même si, dit-elle, “l’un ou l’autre (pays) ne peuvent pas suivre”. Audacieux ?

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Contexte. La chancelière s’exprimait au lendemain d’un entretien téléphonique avec Barack Obama, qui incite les pays européens à mettre en place un “plan immédiat” pour résoudre la crise qui frappe la zone euro, dont il craint qu’elle n’ait des répercussions sur l’économie américaine. La chancelière doit s’entretenir à la mi-journée avec David Cameron sur le sujet.

"Programme de travail". Chaos politique en Grèce, spectre du naufrage des banques espagnoles : le programme du sommet de l’Union européenne, qui doit se tenir fin juin, promet d’être chargé. Pour apaiser les tensions autour de l’évènement, Merkel a tenu à rappeler qu’elle ne croyait pas “qu’il y ait un seul sommet capable de tout régler d’un coup”. Elle a néanmoins indiqué qu’elle proposerait un "programme de travail" avec pour objectif "l’union politique".

Accélérer davantage l’intégration européenne

Une union politique. “Nous avons besoin de plus d'Europe (...) d'une union budgétaire (...) et nous avons besoin avant tout d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe”, a déclaré la chancelière. Mais surtout, assure-t-elle, "nous ne devons pas rester immobiles parce que l'un ou l'autre (pays) ne veut pas encore suivre”

Réaliser de vraies avancées. Angela Merkel voit dans la formation d’un groupe de pays dynamiques la seule solution pour sortir de l’ornière dans laquelle se trouve la zone euro. Les défenseurs de l’idée d’une Europe à “géométrie variable” rappelle d’ailleurs souvent que les grandes avancées - Euro, Schengen, traité de Prüm sur la coopération policière, projets industriels comme Airbus, EADS, ESA et Arianespace - ont été initiées par un petit groupe de pays “moteurs”.

Dépasser les blocages. Laisser de côté les pays qui “ne peuvent pas encore suivre” permettrait de passer outre la règle de l’unanimité et d’échapper ainsi au statu quo, tout en respectant l’intérêt de chaque pays. “Il s'agit ainsi de permettre aux pays qui le souhaitent d'aller plus avant dans l'intégration lorsque l'unanimité est source de paralysie au niveau communautaire, et réciproquement, de permettre aux pays les plus réticents face à l'intégration de ne pas s'y engager ("opt-out")”, expliquait en novembre dernier Thierry Chopin, directeur des études de la fondation Robert Schuman.

Brainstorming express. Voyez-vous un autre avantage à permettre à l’Union Européenne de rouler à des vitesses différentes ?

Et après ?

Un accueil mitigé ? Jusqu’ici, Paris et Rome se sont montrés réservés sur le sujet. “On peut avancer sur du concret dans tous les domaines, sans grandes injonctions sur des transferts de souveraineté", avançait-on hier à l'Elysée (Le Monde). “Ce n'est pas au Parlement européen de décider de l'âge de la retraite en France”.

Une stratégie de contrôle pour Berlin. L’Allemagne pousse depuis plusieurs mois à une plus grande intégration politique. Cela pourrait leur permettre de contrôler davantage les choix nationaux, notamment au niveau budgétaire, même si Berlin semble prêt à accepter une plus grande solidarité en retour.

Une Europe à “trois vitesses” ? Avec les difficultés éprouvées par des pays au coeur de l’Union comme le Portugal et l’Espagne (et, dans une moindre mesure, la Grèce), l’Europe pourrait même se retrouvait non plus à deux, mais à trois vitesses. D’une part, les pays “moteurs” historiques, puis les pays du sud dont les économies sont en difficulté, et les pays plus périphériques, moins enclins à un transfert de souveraineté.

D’après vous, quelle(s) conséquence(s) aurait le fait de passer à un “union politique” à marche forcée ?

Liens Utiles

Un verbatim de l’AFP, repris par le Nouvel Obs

Une tribune appelant à accepter une “géométrie variable” en Europe, publiée par Thierry Chopin, dans Le Monde

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# 120607 - 01 Fiche technique

Angela Merkel envisage une Europe “à deux vitesses” pour éviter l’implosion

  • Type : réforme européenne
  • Stade : proposition
  • Concepteur (s) : Angela Merkel
  • Date d'origine : 07/06/2012
  • Lieu d'origine : Berlin, Allemagne
  • Auteur : la rédaction d'Ideolog

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