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14/03/2012
Crédit : INMA/Jarle Naustvik
Et si on accordait des “prêts étudiants” aux jeunes qui préfèrent monter un business plutôt que d’aller à l’université ? C’est l’idée surprenante lancée par Richard Branson, pour qui “il est aussi important de soutenir les gens qui ont des idées” que ceux qui étudient. Le meilleur moyen, selon le patron de Virgin, de créer des entreprises par milliers…
L’emblématique Richard Branson était invité mardi 13 mars du Global Entrepreneurship Congress à Liverpool. A la tribune, il a évoqué la lettre qu’il vient d’adresser au Premier Ministre pour qu’un système de “prêts entrepreneurs” soit mis en place au profit des jeunes qui décident de ne pas aller à l’université, afin de stimuler la création d’entreprise et résorber le problème majeur de l’emploi outre-Manche.
Budget 2012 ? Branson espère que sa proposition sera prise en compte dans le prochain budget, qui sera voté le 21 mars. Le gouvernement aura déjà donné son accord de principe.
Un système simple. “Les jeunes qui quittent l’école et décident de ne pas aller à l’université seraient éligibles à un prêt étudiant pour démarrer leur entreprise”, explique le Financial Times. Une condition : que leur business plan soit jugé crédible. Les conditions du prêt seraient similaires à celles des “student loans” : un montant compris entre 3.000 et 5.000 £, un taux bas et un remboursement à long terme (et qui ne démarre qu’une fois les premiers bénéfices réalisés).
Une somme suffisante. “Les entreprises n’ont pas besoin de beaucoup d’argent pour décoller. Un prêt étudiant est suffisant pour monter ce qui peut devenir une entreprise multinationale”, assure Branson, cité par le Financial Times. Le quotidien rappelle l’exemple de Jamie Murray Wells, qui a utilisé une partie de son prêt étudiant pour lancer le site Glasses Direct depuis le salon de ses parents. Sa société est aujourd’hui le leader européen de la vente de lunettes en ligne.
Et en France ? Pensez-vous qu’on puisse développer un système de ce type ?
Selon le Financial Times, plusieurs entrepreneurs renommés ont d’ores et déjà donné leur accord pour épauler les jeunes qui souhaitent se lancer. Parmi eux : Peter Jones, qui produit une émission de télé-réalité sur l’entrepreneuriat, et Paul Adley, fondateur de Ella’s Kitchen, qui fabrique de la nourriture pour bébés. Plusieurs business groups et fonds de charité (Prince’s Trust, Institute of Directors...) ont également proposé leur aide.
L’idée est notamment soutenue par Lord Young, ancien secrétaire d’Etat au commerce, et Michael Hayman, co-fondateur de Start-up Britain, une association d’entrepreneurs, qui dénonce le manque d’action des pouvoirs publics dans le domaine de l’entrepreneuriat. “Il y a beaucoup de rhétorique”, fustige-t-il dans le Financial Times. “Mais l’action est la seule chose qui parle aux entrepreneurs”.
Virgin Money. Richard Branson a également annoncé que la filiale bancaire de son groupe devrait bientôt étendre son activité aux petites entreprises. Ce qui constituerait une piste éventuelle de financement du programme.
Richard Branson ne donne pas de détails sur le mode de sélection des projets. Un sujet sur lequel ‘davidavdavid’, contributeur sur le site du Financial Times, s’interroge : “Sur quel point de l’arc les start-ups seraient-elles éligibles ? A quel stade ? Combien de fois seront-elles autorisées à retourner au puits ? Une seule fois pour toutes ? Quelles sont les pénalités en cas de non-respect des règles ?”. Plus généralement, faut-il encourager l’opportunisme et la réactivité ? Ou former les jeunes à la création d’entreprise, avant qu’ils se jettent à l’eau ?
Et vous ? Sous quelle forme envisageriez-vous ces “prêts jeunes entrepreneurs” ? Quelles conditions poseriez-vous ?
Bruno Gosset (Ideolog) | +3 | 14.03.2012| 20h24 | alerte
Pourquoi ne pas accorder ce prêt à l'issue d'une formation en un an, post bac, où les candidats au prêt seraient accompagnés par un tuteur, apprendraient les rudiments de la comptabilité et du droit, formaliseraient leur business plan, passeraient devant un jury d'entrepreneurs. On doit pouvoir réunir un certain nombre de partenaires financiers autour de cela : banques, Oseo, Pole Emploi… Quant au cadre : lycée, écoles de commerce post-bac... Très chic : une "classe préparatoire aux start-up" !
Henri Gougeon | +1 | 15.03.2012| 12h43 | alerte
J'aime bien l'idée d'une classe prépa aux start up ! Mais il est essentiel que le principe de ce type de prêts soit clairement une alternative à une formation universitaire. Il faudrait que l'Education Na ... > lire la suite
L’article du Financial Times sur l’idée de Branson
Un papier du Telegraph sur les propositions du patron de Virgin pour relancer l’emploi outre-Manche
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Marie-Armelle Bonnaire | +1 | 14.03.2012| 20h45 | alerte
Il faut souffler ça à un de nos candidats. Cela créerait un dilemme très instructif pour chaque bachelier. Le risque évidemment est de détourner les jeunes des études supérieures ; mais cela les obligerait à se poser d'excellentes questions. Comment gagner ma vie ? Suis-je prêt pour 3 ans de psycho ? Est-ce qu'il me faut vraiment un diplôme ou non ? Cela les obligerait à bien réfléchir à l'utilité de leurs études. Et fournirait une alternative extrêmement valorisante à celles-ci, je trouve.
Marie-Lorraine Briffod | +0 | 16.03.2012| 13h13 | alerte
Prévoir un système pas trop rigide, ni trop classique, mais attention à ce que cela ne soit pas la voie de la facilité. Il faut un minimum d'exigence et d'encadrement pour éviter les "touristes". C'est e ... > lire la suite